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La réalité après les études : Le premier boulot de vos rêves rime avec persévérance – Témoignage

Dans le contexte actuel, faire des études ne garantit plus la réussite. De plus, avec l’arrivée des réseaux sociaux les jeunes tendent à se comparer. Alors, beaucoup se retrouvent désemparés au moment de faire leur premier pas dans le milieu professionnel. Dans les prochains articles, nos invités témoignent de leur parcours, ils nous partagent leurs appréhensions et leurs expériences. Mais, aussi leurs conseils pour faire face au mieux à cette réalité après les études.

A coeur ouvert...

Nous allons commencer cette série de témoignages avec Meva Bonard, 25 ans, actuellement Responsable d’agence dans une grande compagnie d’Assurance à Nosy Be. Son parcours est assez épique et plein de surprises. Comme beaucoup de jeunes, elle est passée par l’attente, l’aspiration à faire le travail de ses rêves, aux déceptions, pour enfin trouver sa voie.

"Que veux-tu faire quand tu seras grandes ?"

Alors, je n’ai jamais assisté à une session d’orientation professionnelle. Quand on me demandait je ne savais pas trop, ce que je répondais à mes parents quand j’étais petite c’est travailler dans un bureau, faire des signatures et rentrer LOL. Ensuite, je leur disais que je voulais construire un supermarché et qu’on pourrait y prendre des trucs sans payer hahahahaha. Puis, j’ai voulu être médecin.

Après mon bacc, je voulais intégrer la fac de médecine de Tana. Mais, j’avais un oncle qui y était professeur de gestion, et il me l’a déconseillé. Il me disait « si tu veux être médecin, va étudier à l’étranger ». C’était un peu difficile pour mes parents, mais on a étudié la question et ils n’allaient pas me dire non. Je savais que si je demandais ils m’y enverraient, mais je ne voulais pas être un énorme poids étant donné que j’ai un petit frère dont ils devaient encore s’occuper.

Je me suis alors dit, tiens je vais faire de la gestion. J’avais un cousin qui a bien réussi sa vie en suivant cette voie. J’avais un nouveau rêve.

Donc au début de mes années universitaires, pour la carrière envisagée, comme tout le monde, je mettais « expert-comptable », comme quoi on trouvait ça cool, très respectable comme métier et ça payait bien on disait. Puis, on a tous abandonné, enfin quelques-uns (ils se reconnaîtront mdrr), après avoir vu tout le boulot que ça représentait.

Ma voie

De fil en aiguille, on s’est alors tourné vers le marketing, la vente et la communication. J’avais enfin trouvé ma voie! Un métier que je pouvais faire aisément sans difficulté et où je pouvais exceller. Donc me voici, spécialisée en Marketing et Stratégie.

Nos aspirations...

A la fin des études, on s’attend tous à diriger le monde, à faire un travail important, mais surtout à trouver le boulot de nos rêves et percevoir un énorme salaire, quoi! Je m’attendais donc à être chef de produit, à faire le plan com et marketing d’un produit de consommation ou à travailler dans la conception de publicités chez les grandes enseignes. Ce qui ne s’est pas fait LOL, je rigole bien maintenant en pensant à tout ça.

les premiers pas

Pour mon tout premier boulot, on m’a embauchée en tant qu’assistance marketing dans une entreprise de distribution de produits cosmétiques. J’étais bien, je travaillais avec de belles marques reconnues et tout. Mon supérieur direct, qui est une très bonne amie maintenant, une ainée, m’a beaucoup aidée pour ce qui est organisation, réactivité et vraiment comment se comporter dans une entreprise. Je faisais un peu l’enfant qui se réfugiait derrière elle au début hahahah.

Mais au fil du temps, ce qu’on faisait c’était du trade marketing, mettre en place les promos dans les GMS, trouver des goodies, visiter et poser les visuels sur les points de vente. Au début, j’adorais ça, mais c’était loin des plans marketing et communication dont je rêvais, loin du job de mes rêves. Je voulais par exemple participer à la conception de visuels ou proposer mes idées, mais on avait déjà quelqu’un pour le faire. Je voulais proposer une idée de jeux et de lot, mais non, le chef a toujours raison et si tu n’es pas d’accord revoir la règle n°1 on dit LOL. Avec mon N+2, j’avais également des problèmes de communication, je pense que j’actais novice aussi. 

Du coup, je ne me suis pas retrouvée. Je ne savais pas trop en quoi consistait mon travail ni à quoi je servais. Après, ça se comprend, maintenant avec du recul, tout le monde était tellement occupé qu’il fallait que je me débrouille et que je trouve ma place. Mais c’était une belle expérience et je suis restée 3 mois xD.

"le diplôme ne sera plus qu'un bout de papier"

La réalité ne correspond vraiment pas à ce qu’on s’attendait. Moi, je voulais être chef de produit, concevoir des packagings, travailler dans une agence de Com que mes idées et mes talents soient reconnus, alors qu’il fallait des expériences probantes avant de pouvoir faire ça. Aussi, au début on s’attend à participer surtout, à donner ses idées, etc. comme on l’a appris à l’école.

Mais après on se rend compte qu’il faut d’abord apprendre à faire les petits rien du tout et faire les tâches administratives, un peu insignifiantes dès fois, et monter petit à petit. À titre d’exemple, si tu es financier, on ne va pas te donner directement les états fi de la société à traiter même avec ton bacc+5. Oh oui lol si tu es nouveau, tu es un peu comme le bleu qu’on prend par la main et à qui on apprend à marcher mdrrr le diplôme ne sera plus qu’un bout de papier, mais sans qui tu n’aurais pas eu le boulot hahahaha. On te fera faire les factures, les recouvrements, les rapprochements, etc. et là je suis encore gentille mdrr tu participes là LOL. Ce n’est qu’après x années d’expérience et à un poste de haut rang qu’on effectue le genre de tâches que tu as appris à l’école et que tu rêvais de faire. Et ça, je pense que c’est un coup dur pour tous les nouveaux diplômés qui pensaient avoir réussi leur vie avec de bonnes notes et de belles appréciations, parce que c’est une tout autre histoire en entreprise.

"à la recherche du boulot de ses rêves"

Après cette première expérience, j’ai trouvé du boulot en tant que chef de produit pour une grande société de distribution de produits alimentaires, je me suis dit, enfin! Mais le salaire était vraiment beaucoup moins que dans mon premier boulot. Je m’accrochais en me disant, c’est ce que je veux faire, c’est une bonne enseigne, je vais apprendre, j’évolue enfin dans le domaine que je voulais.

On était deux au même poste, l’autre gars était là depuis plus de 2ans, il était habitué au métier. On m’a alors chargée des produits secs, j’ai fait OK. Enfin mes bébés à moi, je vais les faire grandir. Par la suite je me suis rendu compte que le gars m’a refilé tous les produits qui ne se vendaient pas de la société =_= en gros j’avais le plus gros challenge, j’étais nouvelle, sans trop d’expérience et un salaire pas très motivant. J’ai donc quitté, encore, cet emploi. J’étais toujours à la recherche de mon petit bonheur.

J’ai galéré à chercher le boulot qui allait me correspondre. Dans les annonces, on te fait miroiter des choses et quand tu viens en entretien, soit la société c’est vraiment autre chose, soit le boulot ne te correspond pas, soit tu n’as pas assez d’expérience pour ou bien c’est le salaire (dans ma tête je me disais je ne travaille pas au-dessous de ça xD).

La pression de devenir jeune adulte

Concernant la pression sociale, je n’en ai pas eu du côté de ma famille, ça allait. Mais quand je voyais mes amis qui ont eu un boulot dans une banque, une grande boîte ou qui ont trouvé le job tant attendu, je les enviais un peu et je me demandais quand mon tour allait arriver.

D’un autre côté, je voulais aussi poursuivre mes études, faire un autre petit pas. Mais la transition d’étudiante à jeune adulte était difficile. Les gens de mon âge commençaient à sortir, faire le tour des restos, à vivre et à avoir beaucoup de responsabilités. Je ne pouvais pas rester là sans rien faire, j’avais aussi besoin d’argent, pour moi, parce que j’avais un peu honte de demander tout le temps à mes parents alors que je pouvais travailler. C’est vrai qu’ils n’allaient pas me dire non, mais quand même, j’étais une jeune adulte et j’avais besoin de liberté aussi. Si tu peux te payer toi-même tes dépenses, les parents ne te diront plus non, tu ne sors pas, n’achète pas ça, etc. Je voulais vraiment être indépendante. C’était un dilemme.

"Enfin, être utile"

Puis, j’ai fini par trouver un poste dans une start-up de services informatiques. J’étais sceptique au début, car c’était une petite société avec un très petit nombre de salariés. Mais on m’a confié la communication et le marketing de la boîte et j’ai eu le salaire que je demandais. Je me suis dit enfin ! Même si ce n’est pas une grosse boîte, ça me plaît, car je peux instaurer mes propres méthodes et imposer mes idées. Tout allait venir de moi, j’avais le devoir de faire en sorte que ça marche, un très beau challenge aussi pour voir ce que je valais. J’ai travaillé dur, jusqu’à des heures impossibles et la société a commencé à se développer grâce aux efforts de tout le monde.

Ça a commencé par l’embauche de 2 assistants pour moi (oh j’étais contente lol). On a commencé à faire les plateaux télé, les salons, à voir du monde pour des partenariats, à passer à la radio, à écrire pour les journaux, à poser nos visuels un peu partout, etc. J’étais fière de me dire que je pouvais faire tout ça et que je participais à quelque chose. J’étais écoutée et on prenait en compte mon avis. Je me sentais importante. Après cela, la société a commencé à croître et on a déménagé dans un plus grand bâtiment, dans un quartier industriel si je peux appeler ça comme ça et les nombres de salariés ont doublé, triplé. J’ai vraiment assisté et contribué au développement, mais surtout j’ai fait mon job. Je suis restée un an dans cette société et j’ai démissionné en début 2019.

Là, c’était un tout autre problème. Mon copain de l’époque a eu un job pour lequel il a travaillé dur, c’était une belle réalisation professionnelle et une énorme opportunité de carrière pour lui, mais le poste était en province, sur Nosy Be. Je ne pouvais pas lui dire de renoncer à une telle opportunité, en plus, l’ironie, c’est moi qui aie trouvé l’annonce pour laquelle il avait postulé LOL (on ne savait pas encore à l’époque que ça n’allait pas être sur Tana). J’étais coincée, j’avais une belle réalisation professionnelle et un choix à faire.

Oser et faire un choix

Je me suis dit, bon OK, je viens avec toi et j’ai démissionné. Je me suis mariée, une belle vie au soleil et à la plage j’ai pensé. Mais je lui ai dit que j’avais besoin d’un travail, que je n’allais pas là-bas pour rester à la maison, je serais devenue folle à la longue. Il a alors commencé à me trouver du boulot.

Et un jour, comme ça, il m’a dit, qu’il y avait une dame qui a une amie qui comptait ouvrir un truc sur Nosy Be et que je pouvais tenter. Je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais, mais j’ai tenté le coup et j’ai donc envoyé mon cv à la dame qui « avait une amie » lol.

Un après-midi, on m’appelle, c’était une grande compagnie d’Assurance ! J’étais contente et j’avais décroché un entretien, moi qui avais peur que ce soit un magasin de vêtements ou un hôtel. J’ai eu le boulot ensuite. Finalement tout est bien qui finit bien, car j’avais un autre challenge à relever.

Mes conseils...

En ayant vécu toutes ces péripéties, je conseillerais aux jeunes qui sont dans même situation de persévérer et de trouver le boulot avec lequel on est à l’aise tout en restant ouvert aux opportunités. On ne sait pas ce que demain peut nous apporter. Il ne faut pas avoir peur de quitter un travail où on n’est pas à l’aise.

Aussi, il faut être humble et apprendre des autres, mais surtout trouver sa place. Ce n’est pas parce que tu as un bacc+5 qu’on va t’embaucher au poste de tes rêves, il faut commencer vraiment par le bas et apprendre petit à petit. Mais s’il y en a qui arrivent à sauter cette étape, je ne peux que lui souhaiter de réussir. Pour la petite anecdote, je n’ai appris à faire de photocopies qu’à mon troisième boulot LOL.

Il faut également sortir de sa zone de confort quelques fois, faire un truc qu’on n’a jamais fait et apprendre, c’est toujours un plus et ça constitue un challenge à relever.

Donc, aux nouveaux diplômés, votre vie ne fait que commencer, il s’agit d’une tout autre étape de la vie. Vous allez commencer à tracer votre voie et à vous épanouir. Il faut s’armer de courage, de responsabilité, d’audace, d’humilité et surtout d’honnêteté. Si à un entretien, vous sentez que ça ne vous va pas, il faut le dire. Il ne faut pas comparer sa carrière à celles de ses amis aussi, chacun possède sa propre voie. Le plus important, il faut faire confiance au Tout Puissant, il saura toujours nous donner ce dont on a besoin.

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