Être Femme aujourd'hui

ÊTRE FEMME AUJOURD’HUI – #4 Réceptive et Déterminée

Un peu d'histoire...

Aujourd’hui, nous fêtons nos 59 ans d’indépendance à Madagascar. Force est de constater que le pays a énormément changé, pas toujours dans le bon sens malheureusement. Cependant, il y a un domaine où l’on commence à voir les balbutiements d’un grand changement. Celui de l’émancipation de la femme. Ce constat, je l’ai vérifié en élaborant cette série d’articles sur les femmes et la féminité. Partir à la rencontre de ces femmes fortes, inspirantes et qui sont décidées à mener leurs propres barques nous amène à nous questionner sur la construction de nos croyances. Ou devrais-je dire, sur ce que la société a fini par nous faire croire en ce qui concerne la définition du mot FEMME. A savoir, une petite chose, fragile et délicate. Ce qui, vous le comprendrez n’est pas forcément vrai.

Pour autant, une réalité reste encore bien ancrée. Le pouvoir et la liberté d’une femme font peur aux hommes. Qu’on se le dise, je n’ai pas pour vocation d’avoir un discours féministe contre les hommes. Au contraire, je suis pour la complémentarité homme – femme. Il me semble qu’au lieu d’encourager les femmes à « faire les choses » comme les hommes, nous devrions plutôt nous encourager à être pleinement femme. Des femmes qui s’acceptent et sont libres d’assumer leur choix de vies.

Femme Courage

Cette semaine, j’ai eu le plaisir et l’honneur d’échanger avec Chantal ANDRIANTAVY. Une femme entrepreneure   exceptionnelle, Mandataire en assurances à ABRI Sarlu et Directeur à Red Lion Services. Sa vision et ses valeurs m’ont particulièrement touché. Pleinement femme, chef d’entreprise, et mère de cinq filles, son parcours force l’admiration. Son histoire, est celle d’une battante qui s’est construite dans les épreuves. Véritable leçon de courage mais aussi d’optimisme, cette lionne a élevé seule ses enfants suite au décès de son mari. Solaire, son allure élégante incite le respect quand son sourire et sa joie de vivre donnent de l’espoir même au cœur le plus triste.

Pour toi, c’est quoi être une femme ?

Etre une femme c’est d’être féminine tout en alliant des qualités masculines (déterminée, active, charismatique, rationnelle, directe, protectrice…). Par ailleurs, la libération de la femme des années 60-70 était bien sûr une étape nécessaire mais insuffisante. La femme évolue et tend à devenir comme l’homme : elle s’habille en jean, elle fume, elle peut être dure, ambitieuse, souvent pressée, stressée et peut ainsi parfois perdre sa beauté de femme et aller à l’encontre de ce qu’elle est réellement. Pourtant, sa beauté ne réside pas dans le fait d’avoir un physique de star mais se trouve dans la confiance et la considération qu’elle a pour elle-même.

À partir de quand, as-tu vécu pleinement ta féminité?

Depuis le décès de mon mari, jusque-là je vivais dans son ombre.

Être femme atout ou faiblesse ?

C’est définitivement un atout. La femme doit se retrouver, s’écouter et comprendre que le féminin qui est en elle est : passif, réceptif, accueillant. Et que sa vulnérabilité est son principal atout. D’ailleurs, il est important de souligner que cela n’a rien à voir avec de la faiblesse ou de la soumission.

Selon toi, à quoi aspirent les femmes de nos jours ?

La femme, de par sa nature même, est réceptive. Son désir profond n’est-il pas avant tout d’aimer, d’être aimée et acceptée au plus profond de son âme et de son corps ?

Je t'ai toujours vu comme une femme modèle qui gère de front sa vie personnelle, familiale et professionnelle. De plus, tu participes activement dans plusieurs œuvres caritatives. Du coup, personnellement, à quoi aspires-tu ?

Je partage beaucoup pour aider les jeunes femmes et femmes à réveiller la déesse qui est en elles. C’est un pur bonheur de pouvoir partager ses vécus, ses idées. Cela peut être un encouragement pour les autres.

Que penses-tu de l'avancée des différentes causes concernant les femmes à Madagascar?

A mon humble sens, beaucoup de femmes Malagasy vivent encore dans l’ombre de leur époux et n’osent pas s’affirmer. Elles ont peur de sortir de leur zone de confort. Toutefois la société Malagasy reste matriarcale.

D’après ton vécu, comment est perçu le statut de femme entrepreneure ici?

Je pense que dans la société malagasy l’homme se veut toujours supérieur. Bien que de plus en plus de femmes occupent des fonctions importantes (chef de village, maire, ministre, présidente d’association importante, etc.), leurs influences ne sont pas assez significatives à cause de la dominance des hommes. Malheureusement, l’homme malagasy a du mal à accepter une femme à la tête d’une entreprise, association, etc…

Avec le recul, est-ce que la voie que tu as empruntée répond à tes rêves d'enfant ou as-tu pris un chemin totalement différent ?

Enfant j’avais toujours vécu dans le monde militaire. Et je m’y plaisais bien. Je voulais toujours devenir un officier de l’armée mais notre père m’en avait toujours interdit. Ce n’est pas un métier pour les femmes disait-il. Mais le jour où j’ai rencontré le père de mes enfants à l’âge de 20 ans, tout à changer. Il m’a fait découvrir ma féminité. Il me poussait à participer à des différents concours de beauté et à entrer dans le monde du mannequinat. La participation à ces concours et à des défilés de mode m’a révélé ma compétence relationnelle. Ce qui m’avait emmené à poursuivre mes études supérieures en tourisme. Après les études, j’avais travaillé dans le domaine du tourisme pendant 10 ans. Ensuite, j’avais dirigé avec mon mari notre entreprise dans le secteur de la sécurité privée. Après son décès, j’ai suivi une formation en assurance pour devenir un mandataire en assurance.

« Il est possible de recommencer une vie à n’importe quel âge. J’ai encore plein de choses à découvrir. »

Qu'aurais tu aimer qu'on te dise quand tu avais 25 ans ?

Faire le point sur soi-même. Je prenais toujours les évènements comme ils venaient, sans prendre du recul.

A l’instant t, de quoi es-tu certaine ?

Loin de broyer du noir, j’envisage l’avenir de manière ouverte et positive. Il est possible de recommencer une vie à n’importe quel âge. J’ai encore plein de choses à découvrir.

Quel message as-tu envie de transmettre aux autres femmes?

Femme « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » Matthieu 5: 14-16. Dans la société Malagasy la femme possède une place particulière. Dès son plus jeune âge, la petite fille est formée par sa mère et toutes les femmes de la maisonnée, à son futur rôle de mère et d’épouse. Elle doit mener à bien les volontés de la famille, de la société.

Dans les civilisations en général, le rôle de la femme dans la société a toujours été minimisé. Au cours de ces dernières décennies, les femmes ont mené plusieurs combats afin d’être reconnues. Bien que la lutte pour cette reconnaissance ait avancé dans plusieurs domaines, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Et au monde ?

L’égalité des genres et les droits des femmes sont fondamentaux pour progresser à l’échelle planétaire sur la voie de la paix, de la sécurité, des droits de l’homme et du développement durable. Nous ne pouvons rétablir la confiance dans les institutions, reconstruire la solidarité au niveau mondial et tirer parti des diverses perspectives qu’en luttant contre les injustices historiques et en promouvant les droits et la dignité de toutes et de tous. PENSER ÉQUITABLEMENT.

« Loin de broyer du noir, j’envisage l’avenir de manière ouverte et positive. »

Telle mère, telle fille… cliquez ICI pour voir le témoignage de sa fille Cynthia.