Entreprendre

Chelsea Harison – Tiana Sonrhay. Quand la passion rencontre la création

Madagascar, pays de contraste…

Souvent, quand on parle de Madagascar, on finit toujours par parler de la difficulté de la vie, de pauvreté, de corruption, de mentalité déplorable et j’en passe. Pourtant, ces dernières années je constate un réel changement dans cette fameuse mentalité. En échangeant avec beaucoup de jeunes, je vois qu’une grande partie de cette génération veut changer les choses et agit pour ce changement. Je constate également, que l’âge n’est qu’un chiffre et qu’il n’est jamais ni trop tôt ni trop tard pour entreprendre.

Une rencontre...

C’est avec un réel plaisir et un grand honneur de vous partager l’échange que j’ai eu avec Chelsea Harison que beaucoup connaissent sous son nom d’artiste Tiana Sonrhay. Une jeune femme talentueuse, qui fait partie de cette génération qui me donne de l’espoir pour notre belle grande Île. Amatrice d’art, illustratrice autodidacte, Initiatrice du projet « Gasy mi arô », consultante en marketing et étudiante en master conseils et recherche en management. Chelsea est de celles qui bousculent les codes et enfoncent les portes. Elle se donne les moyens de ses ambitions et n’a pas peur de porter ses projets, peu importe les obstacles.

Je vous invite donc à découvrir une facette de cette jeune femme aux mille ressources et j’espère que comme moi, cela va vous booster à approfondir votre passion.

1. Quel est ton parcours ? Pourquoi avoir choisi ce parcours-là ?

Une licence en sciences de gestion suivie d’un master en marketing digital à l’IAE de Nice, la passion pour les études m’a poussée à continuer en m’inscrivant à un deuxième master. Un parcours finalement ordinaire et généraliste surtout durant mes premières années, mais important pour bien assimiler les bases.  J’ai eu un penchant pour la stratégie en deuxième année et mon côté créatif a pu se développer durant ces années, d’où l’idée de poursuivre mes études en marketing deux ans après.

2. À quoi aspires-tu à la fin de tes études ?

Un retour définitif à Madagascar est envisageable et beaucoup de projets personnels en cours. Bien qu’il semble difficile pour beaucoup de penser à revenir au pays et comme il y a beaucoup plus d’occasions professionnelles ailleurs, on peut comprendre leurs envies. Après, tout dépendra des opportunités qui se présenteront, des choix que je ferai aussi. C’est à voir.

3. D’où te vient cette passion pour l’art ?

Une passion très récente d’ailleurs, car j’ai commencé à dessiner en 2016 uniquement, à un moment où j’étais un peu perdue dans mes choix d’études, où je me cherchais également, je cherchais mon potentiel, le talent que je pouvais avoir. Et j’ai commencé par gribouiller quelques dessins et petit à petit j’ai trouvé ma technique, mon style de dessin et en 2019 j’ai commencé le digital art. Je n’étais pas vraiment destinée à dessiner, quand j’étais petite on me disait même que j’étais médiocre pour cette activité.

Avec le temps on évolue, on se cherche pendant un moment, on se trouve et on se crée. On ne doit pas vivre selon le jugement des autres, au contraire, que tout cela nous amène à aller au-delà de ce que les gens peuvent penser de nous. Mais par-dessus tout, qu’on se dépasse, qu’on ne soit pas non plus nos propres limites.

4. Véritable jeune femme multicasquette, comment gères-tu toutes tes activités ? (Entre étude, activité pro et passion)

Étant donné que je suis à Madagascar pour l’instant, j’ai le temps de piloter les projets artistiques malgré le confinement. Avec mon équipe, nous essayons de monter nos projets et de les préparer pour pouvoir les réaliser dès que la situation nous le permettra.

5. Beaucoup t’ont découvert à travers le projet « Gasy mi arô », où en es-tu maintenant et quelle est la prochaine étape ?

Nous comptons réaliser encore trois derniers projets en collaboration avec des marques, mais avec le confinement nous appréhendons ce chiffre. Sinon, tous les projets de collaboration du type give away et jeux concours peuvent toujours se faire.

6. Être jeune, femme, entrepreneure : Opportunité ou contrainte ?

Opportunité, mais avec des responsabilités lourdes spécialement en cette situation difficile. Il y a le côté gestion budgétaire qui est très important. Même si le confinement a pu lancer plusieurs personnes dans différents business, le temps malheureusement mettra à l’épreuve beaucoup d’entre eux, que ça soit dans leurs stratégies, leurs produits, comment ils essayent de se différencier des autres, etc… Encore une fois, avant de se lancer dans quelque chose, il faudra au préalable faire différentes analyses et études. Plusieurs personnes se lancent sans avoir de notion en matière de gestion, bien qu’il est possible d’apprendre sur le tas, on fait face à plus de risques.

7. Que conseillerais-tu aux autres jeunes qui ne savent pas trop encore quoi faire de leur vie ?

Il faut trouver un domaine ou des domaines qui nous intéressent, essayer toutes sortes d’activités selon nos possibilités. Petit à petit cela nous permettra de savoir ce qui nous plaît ou pas. Cette période de recherche peut être courte ou longue selon les individus et ça dépendra aussi de l’entourage qu’on a. J’encourage toujours les personnes que je rencontre à s’entourer de personnes positives, qui nous tirent vers le haut et qui pourront également nous faire découvrir une nouvelle vision du monde.

Ne jamais cesser d’apprendre

Les cas sont tous différents selon les individus. Parfois, on peut retrouver des personnes qui malgré leur bonne intention n’ont pas forcément les moyens de réaliser leur souhait. Cependant, je dirai qu’il est important de toujours mettre à jour ses connaissances, nous sommes dans un monde qui ne cesse d’évoluer et il y a beaucoup de nouvelles thématiques qui bousculent notre entourage. Il y a des notions qui deviennent essentielles à notre quotidien et même si ce n’est pas forcément notre domaine, c’est intéressant quand même d’en avoir ne serait-ce que quelques connaissances. On retrouve beaucoup de cours en ligne, des documents gratuits sur plusieurs sujets, il faut profiter de ces opportunités.

« Avec le temps on évolue, on se cherche pendant un moment, on se trouve et par dessus tout, on se crée. »

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