Témoignages

Choix de métier : C’est OK de vouloir suivre une autre voie – Témoignage

Dans la majorité des cas, le choix des études est dicté par l’envie d’avoir un métier stable et bien payé. C’est donc tout naturellement que de nombreux jeunes se tournent vers la fonction publique. Dans un pays où le secteur privé ne garantit pas la sécurité de l’emploi, le fonctionnariat est vu comme le Graal. Voir même, comme un moyen de s’enrichir. La réalité est pourtant bien loin de ce que l’on peut imaginer.

A coeur ouvert...

Cette semaine, nous avons le plaisir d’avoir le témoignage de Tahirimihamina Ravakiniony, actuellement formatrice en télé secrétariat. Beaucoup se reconnaîtront certainement dans son parcours. Ce choix cornélien entre un métier qui nous passionne et un métier qui est mieux payé. L’envie de servir le pays et d’être confronté à ce qu’il y a de pire dans son système. Un jour peut-être les choses changeront. Pour l’heure, je vous invite à lire ce témoignage à cœur ouvert.

"Que veux-tu faire quand tu seras grandes ?"

Mon orientation professionnelle a été déterminée par un coup de foudre avec le Droit, à l’âge de seize ans. Dès que je l’ai annoncé à mes proches, toutes les possibilités me semblaient offertes: avocate, magistrat, diplomate, fonctionnaire…

J’ai suivi mon cœur et commencé mes études de Droit à l’Université d’Ankatso. J’avais presque tout planifié. Après chaque année d’études, je devais me trouver un petit boulot pour financer l’année qui suit jusqu’à la fin de mes études (enseignement, centre d’appels, rédaction). À cette époque, j’étudiais en attendant le concours de l’ENAM. Afin, de préférence, devenir diplomate. Sinon il aurait fallu se contenter d’un autre poste.

Première expérience professionnelle,

Comme pour beaucoup d’autres étudiants pour qui la bourse ne sert qu’aux frais de bus, je suis tombée dans les filets des centres d’appels où j’ai eu l’occasion de former des agents. Cela paie beaucoup plus qu’ailleurs, on travaille avec des jeunes comme nous, en équipe. Je ne m’étalerai pas dessus, car j’ai toujours su que ma carrière ne s’y ferait pas.

J’espérai devenir fonctionnaire, car le travail a son prestige, il est à vie, apparemment bien rémunéré, et on travaille à son rythme. Donc, j’ai décidé de vous parler de mon stage dans l’univers du fonctionnariat.

Désillusions

Je voyais le fonctionnariat comme un moyen de travailler au service de son pays. J’imaginais que les fonctionnaires étaient souvent débordés, ce qui les rendaient grincheux. J’étais surprise, j’ai atterri dans un service où il y avait plus d’employés que de dossiers à traiter. La plupart du temps, il y avait très peu de travail, et ça ne faisait que parler dans les couloirs.

Moi, en tant que stagiaire, je voulais travailler, apprendre de nouvelles choses. J’ai découvert qu’il y avait énormément à faire à part attendre un usager: trier les documents, faire du rangement, mettre à jour les bases de données… J’ai été très surprise de voir des gens passer leur temps dans des bureaux sans rien faire et être payés. Gabegie financière, improductivité, routine…

À partir de ce moment, j’ai mis en doute mon envie de devenir fonctionnaire. Et pourtant, j’en rêve depuis des années. En fait, je me mets à comprendre que ce n’est peut-être pas pour moi.

Trouver sa voie

Je préférerais de loin enseigner, former, transmettre la connaissance. J’ai  remplacé ma mère ou mon père pour leurs cours, j’ai préparé des contenus de cours avec eux… Je n’ai jamais été aussi épanouie. Pourtant c’est mal payé le métier d’enseignant. J’ai la plupart des membres de ma famille pour me le confirmer. Une autre raison, on dit “Izay adala no toa an-drainy”, mes deux parents sont enseignants… trop facile et pas très ambitieux, on me dira. On me dira aussi : pourquoi quatre ans d’études en droit pour enseigner après?

En ce moment, plus les jours passent, plus le côté de la balance penche vers le métier d’enseignant. J’espère pouvoir définitivement quitter mon actuel emploi pour exercer un des métiers que j’estime être les plus beaux du monde.

Mes conseils...

Mon conseil à ceux qui cherchent leur voie, ne chercher pas le statut social, l’argent… ce sera difficile de ne pas écouter ce que les autres pensent. Mais, se faire dicter ce que l’on veut n’est pas forcément la meilleure solution non plus. Je pense que l’on ne peut pas regretter le choix du cœur. Laissez-vous tirer par les élans de votre cœur, les besoins de votre esprit, les limites de votre corps. Ce que vous pensez être le mieux, pour vous, peut changer du jour au lendemain.

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